Interview de Marc Petitjean

Marc PETITJEAN est à la tête de la chorale Vailh’o’chœur depuis 2001, après avoir dirigé plusieurs chœurs à Lyon dont il est originaire. Amateur éclairé et passionné par le montage de spectacles multidisciplinaires originaux et ludiques, il écrit les textes pour les comédiens et adapte les chansons pour ses soixante choristes. Après « Des hommes à la mer », « ça tourne à Vailhowood » et « Seventies », voici « Pas peur du noir ! ».

 

Quel objectif poursuivez-vous avec ce nouveau spectacle ?

 J’ai voulu tordre le cou aux idées reçues. Tout est parti de clichés qui bâtissent de fausses différences. Par exemple, les noirs auraient plus le rythme dans la peau que les blancs. Cela n’a aucun fondement. J’en ai fait des petites histoires drôles et sensibles. Deux personnages racontent ces moments du quotidien, sans prises de tête ni leçons de morale excessives, sans ambiguïté non plus. Le public vient pour se distraire, rire et chanter, mais il pourra aussi réfléchir un peu face aux situations devant lesquelles je le place. 

Ce n’est pas risqué de traiter d’un sujet sérieux de manière légère ?

Au contraire ! Le rire ne guérit pas toute les maladies et ne sauve malheureusement pas du racisme, mais il peut apaiser. Faire une farce pour mieux accepter la différence, cela me parait un angle de réflexion intéressant. La pression tombe plus vite. Mais il est plus facile d’évoquer la relation entre les noirs et les blancs, sans doute moins clivantes que d’autres. Mon propos se veut universel. Il ne stigmatise personne. Comme le lien entre les chants et le texte devait rester fort et que je rêvais de rendre hommage à ce que la musique noire me donne comme plaisir depuis que je suis tout petit, l’ensemble est cohérent. Le racisme m’est totalement étranger et cela m’a intéressé de déterrer quelques racines de ce mal pour empêcher qu’elles poussent. L‘auteur, le Chef de chœur et le citoyen sont comblés, et mes complices sont redoutablement efficaces.

Les chansons font la part belle à la musique américaine ?

Les chansons évoqueront la musique noire américaine comme James Brown ou Aretha Franklin, mais le répertoire français offre un éventail large et populaire dans lequel j’ai pu puiser pour illustrer le propos. Le lien est fort entre les chants et les scènes de comédie. Les répertoires d’Alain Souchon, de Claude Nougaro ou encore de Bernard Lavilliers ont été explorés. Les choristes aiment les morceaux sélectionnés et cela devrait s’entendre. Ce ne sont que des tubes. 

Parlez-nous de votre équipe, vous prenez les mêmes et vous recommencez ?

La fidélité est une constante. Je ne sais monter des spectacles qu’avec ceux que j’aime. Je travaille en famille. Mes choristes d’abord, qui me suivent les yeux fermés et me donnent tellement d’eux-mêmes ! Ils seront soixante à chanter mes arrangements parfois un peu tordus ! Ils vont se surpasser. Et puis j’ai écrit les textes pour deux comédiens formidables, qui ont accepté de se donner la réplique. Virginie KERSAUDY et Philippe REYNE ont déjà participé à des projets antérieurs et ont un talent immense. Ils sont drôles et touchants. Et puis Roland CHOLET est un metteur en scène génial, qui analyse vite et bien. Son regard est juste. Il fait de la  3D. C’est mon metteur en relief ! Nous travaillons en totale confiance et communauté d’idées.  

 

 

Plus de Soixante personnes sur scène, il vous faut des moyens gigantesques pour réaliser ce projet !

Si nous avons la chance d’être soutenus et encouragés par les collectivités locales, dont en premier chef la commune, le bénévolat est à la base de ce projet. C’est du 100% made in Vailhauquès ! Personne ne vient gagner de l’argent. « Pas peur du noir ! » est un spectacle amateur conduit comme s’il était professionnel. Une équipe fait les costumes, une autre les décors. Ce travail collectif est un vrai bonheur. Le projet appartient désormais à toute la troupe et même au-delà. Il fédère presque une centaine de personnes. Nous croisons les doigts à chaque nouveau spectacle, pour qu’il ait le même succès que le précédent. « Seventies » a été joué à guichets fermés partout où nous sommes allés. La clé de la réussite, c’est l’adhésion du public. Nous faisons tout pour le surprendre. Notre but est qu’il passe un bon moment et garde de merveilleux souvenirs, qu’il soit aussi plus ouvert et tolérant.  

 

 

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